Évaluation et révolution numérique

Intelligence artificielle, multiplication des algorithmes, développement de nouveaux outils et techniques comme l’apprentissage automatique (« le machine learning ») ou la programmation schématisée (« low code »)… le numérique et la mise en données de la société sont partout et la révolution numérique s’observe dans toutes les composantes de la société et auprès de la plupart des acteurs économiques, sociaux, environnementaux ou culturels, pour ne citer que ces exemples. 

La pratique évaluative ne fait pas exception à ces tendances de fond puisque la révolution numérique et l’intensification de la numérisation ont des impacts bien réels à plusieurs niveaux qu’il convient de cerner au mieux. Vis-à-vis des praticien·ne·s de l’évaluation, la numérisation et l’automatisation amènent de grandes évolutions dans les métiers et dans tout ce qui les nourrit en termes de compétences et de formations et qualifications. Du point de vue des méthodologies, là aussi le numérique fait entrevoir des opportunités, en alliant mieux, par exemple, les méthodes quantitatives et qualitatives, en faisant émerger de nouveaux indicateurs plus pertinents d’efficacité, d’efficience ou d’impact ou plus simplement en facilitant la conduite d’exercices d’évaluation. Des risques sont à prévenir avec l’usage de technologies numériques parfois disruptives qui peuvent poser question au niveau de la transparence ou de l’éthique.

Au fond, avec toutes les évolutions en marche, on n’est pas certain de prendre la mesure exacte de ce qu’offrent réellement ou potentiellement les transformations numériques pour la pratique évaluative, sa promotion, son appropriation par les décideurs voire son institutionnalisation qui demeure très hétérogène entre les pays et les continents (il en est d’ailleurs de même pour le mouvement de la numérisation). Il y a encore des efforts à faire pour cerner comment la numérisation contribue à l’amélioration continue des systèmes d’évaluation et, partant, au  renforcement pertinent et crédible des soutenabilités et de la  gouvernance publique.


Pour traiter de ce sujet, le comité de programme du FIFE2023 a envisagé trois forums.

Nous vous invitons à parcourir le descritpif de chacun de ces trois forums (cf. le menu déroulant ci-après) dans la perspective de l'appel à soumissions qui sera lancé le 16 février 2023.

Le numérique au service de la gouvernance de l’évaluation ?

L’évaluation des ODD à l’épreuve des technologies numériques

Technologies numériques et pratiques de l’évaluation

Forum A - Le numérique au service de la gouvernance de l’évaluation ?

L’action publique est marquée par de profondes mutations (crises sanitaire, sociale, environnementale, géopolitique) qui touchent ses modalités de définition, de mise en œuvre et d’évaluation, ainsi que le rôle des acteurs qui y contribuent. 

Dans ce contexte en évolution rapide, quel rôle jouent les innovations technologiques émergentes ? Tous les pays et tous les acteurs ont-ils les mêmes armes pour en maîtriser l’usage ?

Les contributions proposées pourront ainsi apporter des éclairages sur les points suivants :

Forum B - L’évaluation des ODD à l’épreuve des technologies numériques

L'évaluation est reconnue dans l'Agenda 2030 comme étant cruciale pour l'examen des ODD. Les évaluateurs peuvent faire une réelle différence dans la réalisation des ODD.  

Grâce aux données massives, l’analyse et les statistiques se sont largement développées et ont bénéficié de capacités de traitement de gros volumes de données, de données en temps réel et de données semi ou non structurées. L’intelligence artificielle (IA) est aujourd’hui une technologie relevant essentiellement des données massives. Données massives et IA peuvent impacter l’approche et les résultats de l’évaluation. 

L’objectif de la statistique publique est d’éclairer la décision. La difficulté d’accès aux statistiques fiables, l’utilisation abusive des données et les questions d’éthique demeurent un obstacle à des analyses évaluatives pertinentes. Les contextes d’insécurité, de crise sociale, de pandémie exigeraient une attention particulière aux méthodes et outils numériques à exploiter.

« Ne laisser personne de côté », qui traduit la priorité donnée par l’Agenda 2030 à l’inclusion des populations les plus vulnérables, doit également s’opérer au niveau de l’évaluation. Le numérique offre plusieurs opportunités permettant de promouvoir l’inclusion de toutes et tous et doit permettre de renforcer l’accessibilité de l’évaluation, à tout moment et depuis n'importe où ; il peut également permettre une participation équitable.

Forum C - Technologies numériques et pratiques de l’évaluation

La numérisation de la gestion publique pourrait affecter tous les processus administratifs – des intrants utilisés (p.ex., plus grande participation citoyenne), aux actions publiques elles-mêmes (p.ex., utilisation accrue de l’information en temps réel) et aux boucles de rétroaction sur les succès et les échecs (p.ex., grâce à des indicateurs de rendement plus faciles d’accès). Elle facilitera par ailleurs l’accès aux données statistiques et leurs possibilités de traitement.

La pratique de l’évaluation des programmes et politiques sera nécessairement affectée par ces évolutions. Comment ? Ce sous-thème abordera les effets des technologies et procédés numériques sur les pratiques de l’évaluation.

Ces effets pourront concerner à la fois les compétences de l’évaluateur et la conduite du processus d’évaluation. Les compétences de l’évaluateur renvoient à la professionnalisation qui s'exprime  à travers des référentiels de compétences, des normes de pratiques et un encadrement éthique. Dans ce sous-thème, on s’intéressera donc aux effets probables de la numérisation sur les compétences dans les domaines suivants :

Concernant la conduite du processus d’évaluation, la numérisation va nécessairement toucher :

Sur un autre plan, on pourra se demander si et comment la numérisation modifie les normes de pratiques établies par l’AfrEA, par l’UNEG ou par le Joint Committee on Standards for Educational Evaluation ? Dans le même ordre d’idée, on se demandera si les codes d’éthique existants (UNEG, SCÉ, AEA, AES, EvalIndigenous, etc.) devront être revus pour tenir compte des nouveaux défis soulevés par la numérisation.